Tout ce que vous devez savoir sur le don d’organe

Donner un organe, c’est sauver une vie ! Un choix courageux et généreux que vous pouvez faire pour un de vos proches ou pour un patient en attente d’une greffe et inscrit sur une liste nationale d’attente. Quels organes peuvent être donnés ? Avez-vous le droit de donner de votre vivant ? Quelles sont les précautions à prendre ? Grâce à ce guide pratique, vous pourrez prendre votre décision et devenir donneur d’organe, en toute connaissance de cause. Aujourd’hui, 21 500 personnes sont toujours en attente d’une greffe.
Chacun de nous a donc un rôle à jouer !

guide pratique du don d’organe

En étant donneur, redonnez la santé à des patients en attente de greffe

Tout d’abord, quels sont les choix possibles ? Vous pouvez décider de léguer un organe, après votre décès ; ou l’intégralité de votre corps à un laboratoire d’anatomie à des fins d'enseignement et de recherche.

Vous pouvez également procéder à des dons qui, de prime abord, peuvent sembler plus modestes et qui, pourtant sauvent chaque année des vies. Les dons de sang, de plaquettes, de plasma ou de mœlle épinière sont d’autant plus précieux que, à ce jour, aucun traitement ni médicament de synthèse ne peut les remplacer.

Les besoins sont conséquents : l’Etablissement français du sang (EFS) indique ainsi que pour soigner les malades, assurer les secours d’urgence et les interventions chirurgicales, les hôpitaux ont chaque jour besoin de… 10 000 dons de sang ! L’EFS souligne aussi que, chaque année, un million de malades peuvent être soignés grâce à ce don qui ne nécessite que quelques minutes de votre temps...

Comment se passe le don d’organe en France ?

Mais si vous savez sans doute comment se déroule un don de sang, vous ignorez peut-être ce qu’il en est pour le don d’organe. En France, l’organe peut être prélevé une fois l’état de mort encéphalique prononcé, autrement dit, dès lors que les médecins ont constaté la destruction irréversible du cerveau et de ses fonctions cognitives.

Le prélèvement est précédé de recherches et d’examens sérologiques afin de déceler des maladies transmissibles ou des antécédents médicaux ; en fonction des résultats obtenus, ce sont les médecins qui décideront de l’opportunité d’aller plus loin dans la démarche et de prélever, ou non, des organes et des tissus en vue d’un don.

Les frais liés au don d’organe

Au terme des prélèvements et conformément à la loi, les traces d’intervention sont rendues invisibles et le corps du donneur est habillé de ses vêtements personnels et rendu à sa famille ; celle-ci peut alors procéder aux obsèques du défunt.

Sachez-le, si les funérailles restent à la charge de la famille, l’intégralité des frais liés au prélèvement d’organe est en revanche supportée par la Sécurité sociale.

Découvrez les organes qui peuvent faire l’objet de greffes

De nombreux organes peuvent aujourd’hui faire l’objet de greffe : le cœur, le foie, les poumons, le pancréas, les os, des fragments de cornée, de peau ou de l’intestin peuvent ainsi être prélevés après la mort du donneur. Une opération qui peut vous permettre de sauver une personne dont l’organe dysfonctionne et qui reste en attente d’une greffe(1), parfois pendant de longs mois.

Des dons d’organe encore peu nombreux d’après l’agence de Biomédecine

Mais êtes-vous certain(e) d’être en mesure de donner un ou plusieurs de vos organes ? Sachez-le : votre âge ne compte pas, puisque toute personne peut faire un don, quel que soit son année de naissance ; en fait, seuls l’état physiologique de l’organe donné et les circonstances du décès sont décisifs pour les médecins.

Quoi qu’il en soit, les dons font fortement défaut : l’agence de Biomédecine indique en effet que, en 2016, 5 900 greffes environ ont été réalisées, mais que près de 14 500 personnes attendaient toujours le don qui leur sauverait la vie(2). La loi du 22 décembre 1976 sur le don d’organes est pourtant explicite : « des prélèvements peuvent être effectués à des fins thérapeutiques ou scientifiques sur le cadavre d’une personne n’ayant pas fait connaître de son vivant son refus d’un tel prélèvement ».

Donc, hors cas particuliers (à savoir les personnes mineures ou sous tutelle), nous sommes tous donneurs d’organe potentiels depuis… 1976, déjà. Mais la mesure n’était tout simplement pas mise en pratique, car les véritables intentions du défunt étaient parfois difficiles à prouver.

Par manque de donneur, un durcissement des conditions de refus

Dans les faits, les médecins n’effectuent aucun prélèvement d’organe sans avoir préalablement demandé aux proches s’ils connaissent les intentions du défunt ; dans 32,5 % des cas, cette question débouche sur un refus(3).

Face à ce constat et au manque criant de donneur, le législateur a choisi d'introduire dans la loi Santé l’amendement durcissant les conditions de refus : « le prélèvement d’organes post-mortem peut être pratiqué sur une personne majeure dès lors qu’elle n’a pas fait connaître, de son vivant, son refus d’un tel prélèvement, principalement par l’inscription sur un registre national automatisé prévu à cet effet ».

Consentement ou refus, informez votre famille de votre décision

Un amendement qui nous alerte aussi sur la nécessité de bien anticiper ses obsèques et, notamment d’informer vos proches des dispositions que vous souhaitez prendre, au sujet du don d’organe. Consentement ou refus… parlez-en en famille dans un moment de dialogue. Cet échange est d’autant plus précieux qu’il permettra de préserver ceux qui nous sont chers, dans une période des plus difficiles. Côté information, sachez aussi que la carte SESAM Vitale II comporte un champ permettant à votre médecin traitant de mentionner que vous êtes informé(e) à propos de la loi sur le don d'organes.

En cas de refus, inscrivez-vous sur le registre national des refus

Le don d’organe n’est bien sûr pas une obligation. Mais aujourd’hui – peut-être l’ignorez-vous – vous êtes automatiquement donneur par défaut ! Parce que depuis le 1er janvier 2017, toute personne âgée de plus de 13 ans, doit clairement exprimer son refus d’être donneur après son décès.

Ainsi, si vous ne souhaitez pas faire ce don – quelles qu’en soient les raisons, éthiques, religieuses ou autres – vous devez effectuer une démarche très simple : inscrivez-vous gratuitement au Registre national des refus de l’agence de biomédecine. Une démarche que vous pouvez effectuer en ligne, sur le site www.registrenationaldesrefus.fr, en remplissant le formulaire mis à votre disposition, ou par courrier, après avoir téléchargé et rempli ce même formulaire(4).

Conseils pour bien exprimer votre refus

Si vous optez pour un refus, pensez à bien préciser sur quoi celui-ci porte ! Sur la recherche médicale uniquement ? Ou bien sur les greffes d’organes et de tissus ? Ou les deux ? C’est à vous de choisir ! Dernière recommandation, veillez à signer votre courrier et à l’accompagner d’une photocopie de votre pièce d’identité, pour que l’agence de biomédecine puisse s’assurer qu’il s’agit bien de vous.

Vous pouvez aussi donner un organe de votre vivant

Si vous pouvez faire un don d’organe après votre décès, vous pourriez également être un jour amené(e) à faire le même geste de votre vivant ! Sont concernés la mœlle osseuse, la peau, des fragments osseux, les lobes hépatique et pulmonaire car ces dons n’altèrent pas la vie du donneur.

Le cas du rein et du foie restent plus complexe : s’il est possible de donner ces organes de votre vivant (un rein en totalité ou une partie du foie), le don doit se faire au profit de membres de votre famille, uniquement.

A qui pouvez-vous donner un organe de votre vivant ?

D’après la loi de bioéthique du 7 juillet 2011, le cercle de donneurs vivants potentiels est constitué par votre cercle proche (en l’occurrence votre père, votre mère et, par dérogation, votre fils ou fille, votre frère ou votre sœur, votre conjoint, vos grands-parents, vos oncles ou tantes, vos cousins et cousines germaines ainsi que le conjoint de votre père et de votre mère). En outre, si vous apportez la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans avec un receveur potentiel ou si vous apportez la preuve d’un lien affectif étroit et stable depuis au moins deux ans avec une personne, le don d’organe est possible. Dans tous les cas, vous devez être majeure et la décision finale de procéder à un don de votre vivant revient au président du Tribunal de Grande Instance, qui s’appuie sur un comité d’experts. L’objectif de ces précautions est d’éviter toute pression financière, mais aussi psychologique sur le donneur et le receveur.

Toutes ces réflexions et décisions que vous prendrez, au sujet du don d’organe faciliteront certainement la vie de vos proches, le moment venu.

Bien anticiper vos obsèques en optant pour une assurance obsèques peut aussi y contribuer. En effet, vos proches pourront ainsi disposer d’un capital garanti pour financer vos obsèques et bénéficier d'une solide assistance pour les accompagner dans les démarches et les formalités liées au décès.

(1) Source : dondorganes.fr
(2) Source : Agence de la Biomédecine
(3) Source : Agence de la biomédecine (chiffres de 2015)
(4) Envoyer votre courrier à cette adresse : Agence de la biomédecine- Registre national des refus - 1 avenue du Stade de France - 93212 SAINT-DENIS LA PLAINE CEDEX.